Je rêve éveillée. Je n’avais redonné de consistance au monde qu’en l’appréhendant sous toutes les facettes de sa dureté, qu’en volant ses atours à la reine de la nuit que je lui rendrais déchiquetés par les viols de guerre. Je savais qu’au terme de ce chemin qui peu à peu me privait de ma mémoire je trouverais le même drap que tout le monde - hier j’avais répondu deux fois au même mail, la même chose. C’en était fini d’espérer laisser une empreinte, ce serait, désormais, au contraire porter
Jeunes, nous nous battions pour laisser notre empreinte sur le monde. Désormais, je me battais pour que mon corps portela cicatrice de chaque pays rencontré, de chaque attente dans les gares routières, de chaque rendez-vous déçu.Nous pouvions bien parler d’amour et rêver d’un coin du feu. Je pleurais, quand je relisais La Volonté de savoir.